Henci Goer
Traduction de
Home birth, in
H. Goer,
Obstetrical myths
versus research
realities -- A guide
to the medical
litterature.
Westport: Bergin et
Garvey, 1995,
chapitre 17, p.
331-347.
Mythe:
L'accouchement à
domicile est si
dangereux qu'il
devrait être
considéré comme
de la
maltraitance
infantile.
Réalité:
Aucune donnée
scientifique ne
confirme la
thèse selon
laquelle le
choix le plus
sûr pour toute
femme serait
d'accoucher à
l'hôpital [...]
Par contre, des
études montrent
[...] que la
morbidité est
plus élevée
parmi les mères
et les bébés nés
et suivis dans
une institution
en général, [..]
et tout
particulièrement
dans les
services
obstétricaux.
Campbell et
Macfarlane, 1986
Pendant des années,
le Collège Américain
des Obstétriciens et
Gynécologues s'est
officiellement
opposé à
l'accouchement à
domicile sur la base
de la sécurité (ACOG
1979). Si l'argument
en faveur d'une
hospitalisation
systématique de
l'accouchement est
qu'il est plus
sécuritaire, il
paraît raisonnable
de demander: "Est-ce
que le fait de
transférer à
l'hôpital la
pratique des
accouchements a
diminué les risques?
" Avant de répondre
à cette question,
toutefois, nous
devons prendre en
considération que
les médecins
surévaluent les
dangers liés à
l'accouchement, et
que leurs propres
gestes médicaux sont
à l'origine de
certaines des
complications qu'ils
observent.
L'accouchement n'est
pas aussi dangereux
que les médecins
veulent nous le
faire croire. Ils
tendent à organiser
leur travail sur la
base du "pire cas",
envisageant chaque
accouchement comme
si un désastre
pouvait survenir à
tout moment (Brody &
Thompson, 1981).
Selon cette
perspective, les
inquiétudes liées
aux accouchements à
hauts risques se
propagent et
influencent la
manière de voir tous
les accouchements,
sans distinction du
niveau de risque.
Par exemple, un
centre de naissance
en milieu
hospitalier qui
admettait uniquement
des femmes sans
risques de
complications a
transféré à l'unité
de maternité
standard 10 femmes
en travail à cause
d'une anxiété non
explicitée de la
part des médecins
(Santana et al.
1983). La majorité
des adolescentes ont
de même été
transférées à cause
de l'anxiété du
médecin résident ou
de garde qui
"considéraient
peut-être
l'adolescence comme
un facteur de risque
durant la
grossesse". Dix
autres mères ont été
transférées à cause
d'un travail
"précipité", ce qui
signifie qu'elles
ont été
disqualifiées à
cause d'un travail
rapide et d'un
accouchement
imminent, ce qui est
insensé. En
définitive,
seulement 41% des
390 femmes qui
étaient éligibles
pour accoucher au
centre de naissance
au troisième
trimestre y ont
accouché. Comparons
cela avec la donnée
brute de 80%,
rapportée par les
centres de naissance
autonomes et les
accouchements à
domicile (AAD), où
les croyances à
propos du risque
intrinsèque propre
aux accouchements
diffèrent.
De plus, comme
l'expliquent Mold et
Stein (1986),
l'anxiété diffuse du
médecin au sujet du
travail peut
conduire à un effet
de cascade, une
suite apparemment
inévitable
d'interventions
protocolaires,
catalysée par une
caractéristique du
système. Par
exemple,
l'inquiétude par
rapport au fait que
le foetus puisse
développer une
détresse aigüe
durant le travail
mène à l'utilisation
du monitoring foetal
électronique chez
des femmes normales
et en bonne santé.
Le monitoring
confine les femmes
au lit, ce qui peut
ralentir le travail.
L'amniotomie et
l'ocytocine peuvent
alors être utilisées
pour accélérer le
processus. Des
douleurs plus
intenses en
résultent, ce qui
peut mener à une
péridurale. La
péridurale peut à
son tour retarder la
progression du
travail, tandis que
l'ocytocine et l'amniotomie
peuvent être à
l'origine des tracés
anormaux des
cardiogrammes. Le
travail se termine
ainsi en césarienne
pour dystocie ou
détresse foetale.
Selon Mold et Stein,
une cascade médicale
de ce type peut être
déclenchée par la
tentation de "faire
quelque chose --
n'importe quoi -- de
décisionnel pour
diminuer l'anxiété
du médecin", par des
tentatives destinées
à se sentir en
contrôle en
contrôlant le
patient, ainsi que
par des protocoles
qui traitent tout le
monde de la même
manière et ne
permettent pas
d'exercer un soutien
médical
individualisé. Le
personnel médical
reconnaît rarement
qu'il est la source
de cette cascade. A
titre d'exemple,
Saldana et al.
(1983), se
prononçant contre
l'accouchement à
domicile, soulignent
les nombreuses
complications
survenues dans leur
groupe à faible
risque,
complications qu'ils
attribuent toutes au
risque inhérent au
processus naturel.
Ils ne voient rien
d''anormal à ce
qu'autant de femmes
en pleine santé
subissent des
césariennes (10%),
des forceps (13%) ou
l'usage d'ocytocines
(+ de 20%). [Ces
chiffres ne cessent
d'augmenter. Au
sujet de la
césarienne, lire
notamment un
compte-rendu du
MIDIRS,
NDT] Pendant ce
temps, les centres
de naissance
autonomes et les
accouchements à
domicile rapportent
des taux de moitié
moins élevés (ou
d'avantage) avec des
résultats égaux et
même meilleurs.
[Voir par exemple,
pour ce qui concerne
les Pays Bas,
l'étude de Wiegers
et al.
publiée en 1996,
NDT]
Il n'y a rien de
nouveau dans le fait
que les
obstétriciens nient
être à l'origine de
ces complications.
Cette étude de
Saldana et al. ne
fait que refléter le
comportement des
médecins de l'époque
de Semmelweis qui
affirmaient que les
infections
post-partum étaient
dues à la faible
constitution des
mères pauvres (dans
tous les sens du
terme) qu'ils
accouchaient, plutôt
qu'à leur propre
négligence à se
laver les mains, en
plus des plaies
ouvertes causées par
les forceps et les
épisiotomies.<1>
Sur la question de
savoir si le fait de
transporter les
accouchements à
l'hôpital a rendu
l'accouchement plus
sécuritaire, sans
équivoque la réponse
est non. L'argument
des médecins est que
le fait que les taux
de mortalité et de
morbidité ont baissé
lorsque
l'accouchement s'est
déplacé vers
l'hôpital prouve que
l'hôpital est un
lieu plus sûr
(Philipp 1984,
Adamson & Gare
1980). Même si cet
énoncé était vrai,
il n'impliquerait
pas pour autant que
l'accouchement en
centre hospitalier
soit à l'origine de
ce déclin, mais de
toute manière il est
faux. Dans les
années 1920, les
femmes de la classe
moyenne ont commencé
à avoir leurs bébés
à l'hôpital, en
partie pour des
raisons de sécurité.
Vers le milieu de
cette décennie, la
moitié des
naissances en milieu
urbain avaient lieu
à l'hôpital et, vers
1939, la moitié de
toutes les femmes et
75% de celles du
milieu urbain
accouchaient à
l'hôpital. En dépit
de ce changement, la
mortalité maternelle
n'a pas baissé pas
en dessous des taux
de 1915, avec 63
morts maternelles
pour 10000
naissances jusqu'à
la fin des années
1930, époque à
laquelle les
sulfamides et les
antibiotiques ont
été introduits pour
traiter les
infections, ainsi
que des contrôles
plus rigoureux quant
aux pratiques
obstétricales.
Durant cette même
période, le taux
urbain de mortalité
maternelle, où les
hospitalisations
étaient les plus
fréquentes, était
considérablement
plus haut que tous
les taux confondus:
74 morts par 10000
naissances (Dye,
1986). De plus, la
mortalité infantile
pour blessures
subies à la
naissance a augmenté
de 40 à 50% entre
1915 et 1929 (Wertz
& Wertz, 1977).<2>
Les techniques
modernes et la
technologie n'ont
toujours pas réussi
à rendre la
naissance à
l'hôpital plus sûre
que l'accouchement à
domicile. Les
défenseurs
contemporains du
confinement
universel à
l'hôpital nous
présentent des
statistiques
montrant une
mortalité périnatale
plus élevée pour les
accouchements hors
hôpital (Brown 1987,
Philipp 1984,
Adamson & Gare
1980), mais ce sont
des données brutes,
incluant des
accouchements à
domicile
non-planifiés, et
des accouchements
avec des assistants
non-entraînés.
Aucune étude n'a
jamais démontré que
l'accouchement à
domicile planifié,
avec une personne
qualifiée pour
accompagner, prenant
toutes les
précautions d'usage,
augmentait
l'incidence de
mauvais résultats
pour les
accouchements à
faible risque,
comparativement aux
accouchements à
faible risque en
centre hospitalier.
En fait, les
hôpitaux peuvent
même ne pas toujours
être le meilleur
endroit pour une
femme avec des
facteurs de risque.
Tew (1985, résumé
ci-dessous) a
découvert que les
taux de mortalité
périnatale étaient
plus bas pour les
accouchements à
domicile, quelle que
soit le niveau de
risque anticipé,
exception faite des
accouchements à très
haut risque. Tew
affirme que les
interventions des
médecins en hôpital
augmentent les
risques, ou que,
dans l'environnement
plus détendu et
encourageant de
l'accouchement à
domicile, avec une
personne
accompagnante qui
croit en la
normalité de
l'accouchement, les
problèmes ne se
produisent pas ou se
résolvent de manière
non-interventionniste.
Ce livre entier
confirme que
Marjorie Tew a
raison pour ce qui
est du premier point
[le rôle néfaste des
interventions en
hôpital], et même si
peu ou pas de
recherche directe
n'a été conduite sur
les effets adverses
d'un environnement
stressant ou sur
l'efficacité des
mesures de soutien
aux mères, elle est
aussi presque
certainement dans le
vrai sur le deuxième
point. Examinons
l'effet sur
n'importe quel
processus
physiologique s'il
était traité de la
même manière que le
travail de
l'accouchement.
Prenons par exemple
la digestion. Dans
les années 1950, une
croyance similaire à
celle qui considère
que le travail doit
progresser d'une
certaine façon et
que toute déviation
est pathologique,
fit en sorte que de
nombreuses personnes
croyaient qu'un
individu en santé
devrait aller à la
selle chaque jour et
que tout écart par
rapport à cette
norme nécessitait un
traitement. Pour
résultat, le mauvais
usage des laxatifs
et des lavements
dégrada les
mécanismes
physiologiques
normaux, provoquant
des problèmes de
constipation là où
jamais auparavant il
n'y avait eu l'ombre
d'un problème.
Dans le pire des
cas, la croyance
médicale la plus en
vogue actuellement
dénie le vécu
psychologique de la
mère en le
considérant comme
hors de propos,
voire même
antagoniste aux
objectifs d'une mère
et d'un bébé en
bonne santé (Adamson
et Gare, 1980). Dans
le meilleur cas, les
médecins affirment
que les réticences
des femmes à
accoucher dans le
milieu hospitalier
peuvent être prises
en compte en créant
au sein de l'hôpital
un environnement
"comme à la maison"
(Home, Hospital or
Birthroom? 1986;
Adamson & Gare
1980). Mais la
naissance "comme
à la maison" en
hôpital est un
non-sens. Les
hôpitaux sont des
institutions
intrinsèquement
bureaucratiques,
fortement
hiérarchisées, où
les politiques sont
conçues pour
satisfaire en
priorité les besoins
des hôpitaux, les
femmes et leurs
familles étant des
préoccupations
lointaines. Seules
des améliorations
cosmétiques sont
envisageables à
l'intérieur d'un
hôpital, à moins que
sa nature
fondamentale ne
subisse un
changement radical.
En dépit de
l'admission des
pères dans les
années 1970, de
l'atmosphère tamisée
dans les années 1980
et des chambres
privées en maternité
dans les années
1990, le personnel
hospitalier
d'aujourd'hui
s'attend encore,
dans la majorité des
cas, à ce que les
femmes restent
passives et
s'accommodent du
mieux qu'elles le
peuvent des
interruptions,
intrusions et autres
nuisances.
Le protocole de
gestion active du
travail (active
management)<3>
en est un exemple
typique. Son
principal bénéfice
est de faciliter la
planification des
horaires du
personnel
d'accompagnement
(voir chapitre 5).
Par contraste, dans
son propre domicile,
la femme établit les
règles, ses besoins
sont le point de
convergence de toute
l'attention, et
toute personne ne
faisant pas partie
de la maisonnée, y
compris celle qui
l'assiste dans son
accouchement, n'est
présente que parce
qu'elle a été
explicitement
invitée par la mère.
En définitive, la
question de
l'accouchement à
domicile ne peut pas
être tranchée par
des travaux de
recherche. De même
que la recherche n'a
pas réussi à prouver
que l'accouchement à
domicile est
dangereux, elle ne
peut pas non plus
prouver qu'il est
sécuritaire. On en
revient donc à une
question de choix
personnel.<4>
La véritable
question à propos de
la sécurité n'est
pas: "voulez-vous un
accouchement
agréable à la maison
ou sécuritaire à
l'hôpital? ", mais
plutôt: "Voulez-vous
accoucher à la
maison en tenant
compte du risque
infime d'une urgence
qui pourrait être
(mais ne serait pas
nécessairement)
mieux traitée à
l'hôpital, ou
préférez-vous
accoucher à
l'hôpital et courir
le risque
considérablement
augmenté d'une
infection, la
certitude d'un
stress additionnel,
et la certitude
presque totale de
subir des
interventions
inutiles
(potentiellement
sources de
risques)?"
Résumé des points
essentiels
-
Les données
brutes, comme
par exemple les
certificats de
naissance,
donnent une
image imprécise
des risques des
AAD
(accouchements à
domicile) parce
qu'elles
incluent une
large proportion
d'AAD
non-planifiés et
de naissances
sans
accompagnateur/trice
qualifié(e),
deux situations
présentant des
risques
extrêmement
élevés. (Résumés
2, 4, 7 à 10)
-
Aucune étude sur
les AAD
planifiés sur
une population
sélectionnée de
femmes, avec un
accompagnateur/trice
entraîné prenant
les précautions
nécessaires, n'a
démontré un
risque excessif.
(Résumés 1 à 23)
-
Dans la mesure
où des problèmes
inattendus
surviennent
malgré le suivi
médical des
parturientes,
ces
accouchements à
domicile
planifiés
devraient être
organisés en
prévoyant une
possibilité de
transfert vers
un obstétricien
et un hôpital.
Les
accompagnateurs/trices
d'une naissance
à domicile
devraient être
assez entraînés
pour surveiller
le travail et
l'état du bébé,
et devraient
disposer de
l'équipement,
des médicaments
et des
compétences pour
gérer ou
stabiliser les
urgences telles
qu'un bébé qui
ne respire pas
spontanément ,ou
une mère qui
fait une
hémorragie après
l'accouchement
(Résumés 3, 8,
14, 16 à 18, 20,
22 )
-
L'accouchement à
domicile devient
dangereux
seulement
lorsque les
médecins ou
l'hôpital
n'assurent pas
le service du
transfert. (De
sorte que leur
négligence rend
réel un risque
imaginé.)
(Résumés 3, 14)
-
D'excellents
résultats, avec
des taux d
'intervention
bien plus
faibles, sont
atteints dans
les AAD. Ce qui
peut être
expliqué par le
fait que la
pratique abusive
d'interventions
à l'hôpital est
en elle-même
source de
risques, ou que
l'environnement
familier du
domicile
favorise un
déroulement du
travail sans
problème.
(Résumés 2, 5 à
6, 11 à 13, 15 à
19, 21 à 23)
-
Une échographie
pourrait être
recommandée en
fin de grossesse
pour dépister
les jumeaux ou
les
présentations
par le siège ou
confirmer
l'emplacement du
placenta.
(Résumés 16 à
17, 20 et 21)
-
Pour éviter les
transferts
post-partum
inutiles, les
assistants de
naissance
devraient être
capables de
réparer les
déchirures du
périnée et
d'accomplir et
recoudre une
épisiotomie.
(Résumé 20)
Classement des
résumés
Note:
Le système de soins
de maternité
spécifique aux
Pays-Bas est souvent
étudié par les
chercheurs
intéressés par la
pratique des
sages-femmes et/ou
l'accouchement à
domicile. Les
Pays-Bas ne sont
jamais tombés dans
les conflits de
territoire, pour
raisons économiques,
des autres pays
développés qui ont
eu pour résultat,
soit l'exclusion des
sages-femmes hors du
système, soit encore
leur mise au service
des obstétriciens.
Les sages-femmes
hollandaises ont
maintenu une pleine
autonomie. Elles
sont directement
formées en tant que
sages-femmes et
n'ont pas besoin de
détenir une
certification en
soins infirmiers.
Elles prodiguent les
soins primaires en
périnatalité, alors
que les
obstétriciens se
consacrent
exclusivement aux
grossesses ou
accouchements à
problèmes. Si une
femme décide de
faire appel à un
obstétricien, elle
doit en assurer
elle-même le coût.
De plus, la
politique des soins
de santé aux
Pays-Bas n'a jamais
été dictée par le
modèle médical -- la
croyance que le
confinement
hospitalier est dans
tous les cas
nécessaire pour
garantir la
sécurité, et que la
pratique routinière
d'interventions est
à la fois nécessaire
et inoffensive. Le
résultat est qu'aux
Pays-Bas les femmes
peuvent choisir le
domicile ou
l'hôpital,
l'accouchement à
domicile reste une
option viable, avec
environ le tiers des
femmes qui font
naître leurs enfants
à la maison. Les
assurances couvrent
les soins infirmiers
en aide post-natale,
un service de
soutien qui rend
aussi les
accouchements à
domicile plus
faciles à réaliser (Eskes
1992, résumé
ci-dessous; Torres &
Reich 1989).
Analyse de
statistiques (Études
critiques
d'articles)
Pays-Bas
1.
Eskes TK. Les
accouchements à
domicile aux
Pays-Bas --
mortalité et
morbidité
périnatales.
Int. J
Gynaecol Obstet
1992;38(3):161-169.
(Home
deliveries in the
Netherlands --
perinatal mortality
and morbidity)
Seules les études
hollandaises sont
incluses dans cette
révision. En 1989,
33.4% des 190079
naissances aux
Pays-Bas ont eu lieu
à domicile. Les
sages-femmes ont eu
la responsabilité de
45.7% des femmes,
les médecins
généralistes 11.3%
et les obstétriciens
43.0%. Les
sages-femmes ont
accompagné 32.9% des
naissances à
l'hôpital. En 1988,
les sages-femmes ont
transféré aux
obstétriciens 31.8%
des cas.
Les taux nationaux
de mortalité
périnatale (TMP)
pour les naissances
à l'hôpital sous les
soins d'un
obstétricien étaient
dans la fourchette
de 0.9% à 1% entre
1983 et 1988. Le TMP
pour les
accouchements
assistés par des
sages-femmes était
de 0.09% en 1988.
[Il n'est pas clair
s'il s'agit des
sages-femmes en
général ou seulement
des naissances à
l'hôpital avec
sage-femme.]. Une
étude suggère que
puisque les TMP ont
diminué plus
rapidement dans le
reste de l'Europe où
l'on pratique une
hospitalisation
systématique, les
Pays-Bas devraient
aux aussi s'orienter
vers
l'hospitalisation.
Cependant, une autre
étude, [résumé 3]
souligne que les
taux régionaux de
mortalité périnatale
ne sont pas corrélés
avec le pourcentage
des
hospitalisations. A
Enschede, en 1974,
le TMP sous soins
obstétricaux a été
de 24.3 pour 1000,
contre 2.4 pour 1000
pour les femmes à
faible risque
accouchant à la
maison avec des
sages-femmes ou des
médecins
généralistes. Le TMP
pour les transferts
tardifs à l'hôpital
était de 59.1 pour
1000. A Wormerveer,
le taux global de
mortalité périnatale
entre 1969 et 1983
pour un large groupe
de sages-femmes a
été de 11.1 pour
1000. Pour les 17.1%
des femmes
transférées au
contrôle obstétrical
durant la grossesse,
il a été de 51.7
pour 1000, et pour
celles transférées
durant le travail,
de 11.0 pour 1000.
Pour les femmes qui
ont débuté le
travail sous les
soins d'une
sage-femme, il a été
de 2.3 pour 1000, et
pour celles qui ont
accouché sous les
soins d'une
sage-femme de 1.3
pour 1000. Deux
études ont évalué la
mortalité périnatale
évitable. A Nijmegen,
les chercheurs
concluent que la
plupart des cas de
mortalité évitables
entre 1976 et 1977
étaient causés par
le fait que la
toxémie et le retard
de croissance
foetale n'étaient
pas diagnostiqués
assez tôt. Dans
l'étude de
Wormerveer, le lieu
prévu pour
l'accouchement joue
un rôle "mineur et
insignifiant" dans
le taux de décès
évitables. Pour ce
qui est de la
morbidité, une vaste
étude prospective de
la condition
neurologique du
nouveau-né ne fait
aucune distinction
entre le soignant et
l'endroit de
naissance. Les
données des
résultats périnataux
doivent être
utilisées avec
précaution. De
fausses conclusions
peuvent être tirées
si les
caractéristiques de
la population, le
soignant, l'âge
foeal et les causes
des décès ne sont
pas prises en
considération.
Grande-Bretagne
2.
Campbell R. &
Macfarlane A. Le
lieu d'accouchement:
étude critique de la
littérature.
Br J Obstet
Gynaecol
1986;93(7):675-683
(Place of delivery:
a review)
Cette analyse
critique couvre les
documents examinant
la relation entre
lieu de naissance et
mortalité et
morbidité pour les
naissances au
Royaume-Uni
[incluant le résumé
6 ]. Elle conclut
que:
-
L'association
statistique
entre
l'augmentation
des naissances à
l'hôpital et le
déclin de la
mortalité
périnatale a peu
de chances
d'être une
relation de
cause à effet.
-
Les tentatives
de démontrer que
les TMP plus
élevés dans les
services
d'obstétrique
avant 1970
auraient été dus
au fait que ces
unités
traitaient un
plus grand
nombre de
patientes à
risque élevé ont
échoué.
-
L'augmentation
des TMP pour les
AAD est due aux
changements de
proportion entre
les AAD
planifiés et
ceux qui ne
l'étaient pas.
Plus de femmes
accouchent à
l'hôpital, plus
d'AAD sont
imprévus, donc
avec un très
haut risque.
-
Les taux de
mortalité
périnatale pour
les femmes à
faible risque
planifiant des
AAD sont très
bas.
-
"Il n'y a aucune
évidence à
l'appui de
l'affirmation
selon laquelle
la politique la
plus sécuritaire
serait
l'accouchement
en milieu
hospitalier pour
toutes les
femmes."
-
Quelques données
confirment que
les taux plus
élevés de
morbidité des
mères et des
bébés pris en
charge à
l'hôpital,
notamment par
des
obstétriciens,
peuvent être
expliqués par
une mauvaise
gestion du
travail.
-
La majorité des
femmes ayant
donné naissance
à la fois à
l'hôpital et à
domicile
préfèrent cette
deuxième option;
il est toutefois
vraisemblable
que ce groupe
comprend de
nombreuses
femmes ayant
choisi
l'accouchement à
domicile parce
qu'elles avaient
eu une
expérience
insatisfaisante
à l'hôpital.
Analyse de
statistiques
(études)
Pays-Bas
3.
Trefflers PE. & Laan
R. La mortalité
périnatale et
l'hospitalisation au
moment de
l'accouchement aux
Pays-Bas, région par
région.
Br J Obstet
Gynaecol 1986;
93(7): 690-693.
(Regional
perinatal mortality
and regional
hospitalisation at
delivery in the
Netherlands)
La corrélation entre
les TMP hollandais
et les pourcentages
de naissances à
l'hôpital ont été
examinés pour les 11
provinces, les
municipalités étant
groupées selon les
nombres d'habitants,
et parmi les 17
villes dont les
populations excèdent
100000 habitants. Le
plus faible
pourcentage
d'accouchements à
l'hôpital pour
n'importe laquelle
des provinces,
municipalités ou
villes est de 49.2%,
le plus élevé de
95.7 %. Il n'y a pas
un cas où le TMP
pourrait être
corrélé avec le
pourcentage
d'hospitalisation de
l'accouchement. Il
n'est pas possible
d'estimer l'effet de
déclarations
incomplètes, mais il
est peu
vraisemblable qu'un
grand nombre de
décès périnataux à
domicile échappent à
toute déclaration.
Lea déclaration
d'une mort
périnatale est
obligatoire pour
obtenir la
permission
d'enterrer l'enfant.
Il serait plus
facile d'éviter
cette déclaration
après un
accouchement à
l'hôpital parce
qu'il est plus
difficile à domicile
de disposer du corps
d'un enfant sans
funérailles. [De
tels accouchements
sont
vraisemblablement
ceux d'enfants
extrêmement
prématurés, et non
des cas où le lieu
de naissance aurait
pu influencer les
résultats.] La
conclusion que l'AAD
n'affecte pas
négativement le TMP
ne peut se
généraliser à des
pays autres que les
Pays-Bas, qui
bénéficient des
services de
sages-femmes et
assistantes
sages-femmes
compétentes, ainsi
que d'une sélection
des grossesses à
faible risque et
d'un bon service
ambulancier [avec
une prise en charge
obstétricale fiable
des transferts].
Grande-Bretagne
4.
Murphy JF et al.
Accouchements à
domicile planifiés
et non-planifiés:
implications d'un
changement de ratio.
Br Med J
1984; 288(6428):
1429-1432.
(Planned
and unplanned
deliveries at home:
implications of a
changing ratio)
En Angleterre et au
Pays de Galles, la
mortalité périnatale
a augmenté, entre
1975 et 1977, pour
les bébés nés à la
maison, atteignant
des taux plus élevés
que pour ceux nés à
l'hôpital dans les
unités
obstétricales. Cette
observation est
citée comme évidence
pour éliminer
l'accouchement à
domicile. Cependant,
ces statistiques ne
font aucune
différence entre les
AAD planifiés et les
accouchements des
femmes refusant les
soins médicaux, les
femmes (souvent
adolescentes) qui ne
font aucun plan
d'accouchement, et
les femmes prises
par surprise par un
accouchement
précipité à la
maison, toutes étant
des situations à
haut risque. Cette
étude examine les
résultats des AAD
planifiés versus
ceux qui ne le sont
pas, de 1970 à 1979,
parmi les femmes
galloises de trois
grandes villes.
Au cours des années
1970, l'incidence
totale des
accouchements à
domicile a chuté de
2% à 0.7%. Etant
donné que ce déclin
concerne les
accouchements à
domicile planifiés,
alors que celui des
accouchements à
domicile non
planifiés restait
[in]changé, une
proportion de plus
en plus grande
d'accouchements à
domicile étaient
non-planifiés. A la
fin de la décennie,
le nombre
d'accouchements à
domicile
non-planifiés,
chaque année, était
plus grand que celui
des accouchements
planifiés.
Des 315 femmes qui
ont débuté le
travail à la maison
pour un AAD
planifié, 8 (2,5 %)
ont été transférées
intra-partum. Trois
bébés sont décédés
[mortalité
périnatale de 9.5
pour 1000]. Parmi
les 159 femmes ayant
eu un accouchement à
domicile
non-planifié ou
non-accompagné
durant la même
période, 13 bébés
ont décédé
[mortalité
périnatale de 81.8
pour 1000]. [La
mortalité périnatale
des accouchements à
l'hôpital était de
22.9 pour 1000 dans
la même période.]
5.
Tew, M. Le lieu
de naissance et la
mortalité
périnatale.
J R Coll. Gen
Pract. 1985;
35(277): 390-394.
(Place of birth and
perinatal mortality)
En utilisant les
données brutes des
TMP tirées d'un
sondage national
britannique en 1970,
le TMP hospitalier
était de 27.8 pour
1000 contre 5.4 pour
1000 pour les AAD et
ceux effectués par
un généraliste en
pratique privée (General
Practicioner Unit
ou GPU). Ce n'est
pas parce que les
accouchements
hospitaliers
recevaient davantage
de cas à haut
risque. Après
normalisation sur la
base de l'âge, de la
parité [NDT: parité
= nombre de
grossesses],
l'hypertension/la
toxémie, le
pronostic de risque
périnatal, le mode
d'accouchement et le
poids à la
naissance, les TMP
pour chaque
catégorie variaient
de 22.7 pour 1000 à
27.8 pour 1000 en
hôpital, alors que
ceux des
accouchements à
domicile ou GPU
étaient de 5.4 pour
1000 à 10.5 pour
1000.
Ce sondage de 1970
définissait une
méthode pour
pronostiquer le
risque de rencontrer
des problèmes durant
le travail. Quand on
compare les TMP des
hôpitaux et ceux des
accouchements à
domicile ou GPU au
même niveau de
risque (très faible,
faible, modéré,
haut, très haut),
les TMP des hôpitaux
sont plus bas
seulement pour le
niveau de risque le
plus élevé. Tous les
écarts, excepté pour
les "très hauts
risques", sont
significatifs. Le
TMP pour les
naissances à haut
risque à domicile ou
avec généraliste
(15.5 pour 1000) est
légèrement plus bas
que celui des
naissances à
faible risque à
l'hôpital (17.9 pour
1000). De plus, les
TMP à domicile ou
GPU pour les
naissances à très
faible risque,
faible risque
et risque modéré
sont très
similaires, alors
que les TMP
hospitaliers
augmentent
doublement d'une
catégorie à la
suivante, ce qui
suggère que la
gestion du travail à
l'hôpital augmente
les risques.
Le pourcentage des
enfants nés avec des
difficultés
respiratoires (9.3%
contre 3.3%), le
taux de décès
associé à des
difficultés
respiratoires (0.94%
contre 0.19%) et le
taux de transfert
aux unités
néonatales pour les
enfants avec des
problèmes
respiratoires ayant
survécu 6 heures
(62.0% contre 26.2%)
sont tous plus
élevés à l'hôpital
(dans tous les cas,
p < 0.001),
mettant encore en
évidence le fait que
les interventions
hospitalières
n'empêchent pas les
mauvais résultats.
Bien qu'aucune étude
à l'échelle
nationale n'ait été
conduite depuis
cette date, des
études plus réduites
confirment que la
progression de
l'hospitalisation
systématique
n'explique pas la
diminution du TMP
depuis 1970. En
fait, les années où
l'on observe une
augmentation
proportionnelle la
plus importante des
accouchements à
l'hôpital sont aussi
celles où le TMP a
baissé le moins, et
vice-versa.
6.
Tew, M. Est-ce
que les
interventions
obstétricales durant
l'accouchement le
rendent plus
sécuritaire?
Br J Obstet
Gynaecol 1986;
93(7): 659-674.
(Do
obstetric intranatal
interventions make
birth safer?)
En premier, les taux
britanniques annuels
de fausses-couches
entre 1969 et 1981
sont analysés. A
mesure que la
campagne en faveur
de la naissance à
l'hôpital portait
ses fruits, la
proportion d'AAD
non-planifiés et
non-assistés (ceux à
plus hauts risques)
a augmenté, tandis
que la population de
femmes accouchant à
l'hôpital s'est
diluée de plus en
plus avec l'afflux
de femmes à faible
risque. Les calculs
montrent que si la
proportion
d'accouchements
hors-hôpital était
demeurée la même en
1981 qu'en 1969, le
taux de
mortinaissances
aurait été de 5.9
pour 1000 au lieu de
6.6 pour 1000.
L'augmentation de
l'hospitalisation a
donc retardé le
déclin des
mortinaissances.
Les femmes
transférées durant
le travail sont
reconnues comme
ayant un TMP élevé,
ce qui est utilisé
comme évidence que
l'accouchement hors
hôpital est risqué.
Dans le sondage de
1970, le TMP pour
les naissances
planifiées dans un
hôpital déterminé
était de 22.9 pour
1000 contre 4.9 pour
1000 pour les
accouchements à
domicile ou GPU et
58.9 pour 1000 pour
les accouchements
non prévus pour se
dérouler dans ce
même hôpital. Même
en acceptant
l'hypothèse
improbable que les
naissances qui
n'étaient pas
planifiées dans cet
hôpital avaient
toutes été
transférées de
domicile ou GPU, le
TMP pour le domicile
ou GPU demeure à
19.2/1000, c'est à
dire moins élevé que
celui des
accouchements
planifiés en centre
hospitalier (22.9
pour 1000).
[Dans la suite de
cette étude, Tew met
en relation les TMP
des accouchements en
hôpital avec ceux
des accouchements à
domicile ou GPU, sur
la base du pronostic
prénatal, comme
décrit dans le
résumé numéro 5,
pour l'année 1970.
Elle conclut que la
gestion obstétricale
du travail augmente
les risques au lieu
de les réduire, et
que le TMP aurait
été plus bas si
toutes les femmes
avaient eu des
accouchements à
domicile.] "Ces
observations
ajoutent de la
crédibilité à la
théorie souvent
énoncée par Michel
Odent qu'un foetus
qui se trouve déjà
dans une situation
de risque augmenté
est moins apte à
subir le stress des
interventions
obstétricales. [...]
[En outre,] dans la
mesure où la peur
maternelle, le
stress et le manque
de confiance jouent
à l'encontre d'un
travail facile et
réussi, le fait
d'augmenter ces
facteurs pourrait
contribuer à
l'excédent de risque
pour les
accouchements en
hôpital."
L'argument que les
taux plus élevés de
mortalité périnatale
sont associés aux
interventions, mais
que ces mêmes
interventions
empêchent un TMP
plus important n'est
pas fondé. Citant en
exemple le
déclenchement, un
grand nombre de cas
sans complications
ont donné lieu à des
interventions. De
plus, le
déclenchement a été
utilisée plus
souvent, pour un
problème donné, à
l'intérieur de
l'hôpital qu'à
l'extérieur. La
pratique sans
discrimination
d'interventions peut
créer, plutôt que de
faire décroître, les
complications. La
technologie de
l'hôpital bénéficie
clairement aux bébés
de faible poids de
naissance, mais
désavantage
clairement les bébés
de poids moyen.
L'amélioration des
TMP qui suivit
l'amélioration des
soins de santé
maternelle a
malheureusement
coïncidé avec
l'augmentation de la
gestion obstétricale
du travail.
"[Plusieurs]
obstétriciens [...]
sont maintenant
convaincus que le
processus naturel de
l'accouchement est
plein de dangers que
leurs interventions
avec des moyens
techniques de plus
en plus sophistiqués
permettent de
minimiser.
Curieusement, ils se
sont arrangés, sans
preuve ni donnée
expérimentale à
l'appui, pour
convaincre une
majorité de
personnes, médicales
ou profanes, qu'ils
avaient raison." Un
nombre relativement
peu élevé de
personnes croient
maintenant que "pour
une femme en bonne
santé, donner
naissance est un
processus
physiologique
normal, que les
interventions
obstétricales ne
peuvent l'améliorer
alors qu'elles
peuvent lui nuire",
ou que ce n'est que
dans de rares cas
que les
interventions
obstétricales sont
vraiment utiles.
7.
Campbell R et al.
Les accouchements à
domicile en
Angleterre et au
Pays de Galles en
1979: la mortalité
périnatale selon le
lieu prévu
d'accouchement.
Br Med J 1984; 289
(6447): 721-724.
(Homebirth
in England and
Wales, 1979:
perinatal mortality
according to the
intended place of
delivery)
Les données sont
analysées d'après un
sondage conduit sur
8061 bébés nés à
domicile en
Angleterre et au
Pays de Galles en
1979, et pour
lesquels les
informations sur
l'endroit prévu
d'accouchement ont
pu être collectées.
Alors que 67% des
accouchements
survenant à la
maison ont été
planifiés, seulement
11% de la mortalité
périnatale est
survenue dans ce
groupe. Par
contraste, 41% de la
mortalité périnatale
est survenue parmi
les 15% inscrits
dans une unité de
maternité standard,
et 27% de la
mortalité périnatale
parmi les 3% non
planifiés. Les
différences ont
toutes été
significatives (p
< 0.01). Les taux de
mortalité périnatale
ont été
respectivement de
4.1 pour 1000, 67.5
pour 1000 et 196.6
pour 1000. De même,
les poids de
naissance les plus
élevés se sont
trouvés parmi les
AAD planifiés, et
les plus bas parmi
les naissances sans
planification. Le
pourcentage des
bébés pesant moins
de 2500 grammes dans
la population dite "non-planifiée"
était de 29%, contre
18% pour ceux
planifiés dans une
unité de
consultation, et
2.5% pour des AAD
planifiés. "[Cette
étude] démontre
l'importance
critique de
connaître le lieu de
naissance prévu
quand on tente
d'évaluer le risque
de mortalité associé
à l'AAD."
États-Unis
8.
Burnett CA et al.
L'accouchement à
domicile et la
mortalité néonatale
en Caroline du Nord
JAMA 1980; 244(24):
2741-2745.
(Home
delivery and
neonatal mortality
in North-Carolina)
Cette étude met en
relation les AAD (N
= 1296) avec la
mortalité périnatale
pour les années 1974
à 1976. Les AAD
assistés par des
sages-femmes de
pratique
traditionnelle [lay
midwives] (N =
768) et ceux
catégorisés par
questionnaire comme
étant
"intentionnellement"
accomplis à domicile
(N = 166) ont été
considérés comme
étant planifiés pour
se dérouler à
domicile (72%). Les
51 enfants pesant
2000 grammes et
moins, et pour qui
la naissance n'était
pas assistée par une
sage-femme, ainsi
que les 199 autres
catégorisés par le
questionnaire comme
étant "précipités"
ou un "échec quant à
la planification des
soins de santé" ont
été considérés comme
des AAD
non-planifiés (19%)
[aucune mention
n'étant faite pour
les 9% restants].
La mortalité
périnatale parmi les
AAD planifiés a été
de 6 pour 1000
versus 120 pour 1000
pour les AAD
non-planifiés. Les
trois décès
néonataux pour les
naissances assistées
par des sages-femmes
ont été attribués à
des anomalies
congénitales. Trois
décès additionnels
sont survenus parmi
les AAD planifiés
ayant une personne
en présence autre
qu'un médecin ou une
sage-femme. En
excluant les enfants
pesant 2000 grammes
ou moins à la
naissance, le taux
de mortalité
périnatal pour les
accouchements à
l'hôpital en
Caroline du Nord a
été de 7 pour 1000,
et de 4 pour 1000
pour les AAD
accompagnés de
sages-femmes
(sondage national).
Cela en dépit du
fait que les
naissances
accompagnées par des
sages-femmes étaient
sujettes à plus haut
risque démographique
(femmes plus jeunes,
noires, célibataires
et moins éduquées
que la moyenne des
femmes de cet État).
9.
Hinds, MW,
Bergeinsen GH et
Allen DT. Les
résultats néonataux
des accouchements
hors-hôpital
planifiés versus
non-planifiés au
Kentucky
JAMA 1985; 251(11):
1578-1582.
(Neonatal
outcomes in planned
vs unplanned
out-of-hospital
births in Kentucky)
Les taux observés
versus les taux
attendus ont été
comparés pour ce qui
est de la mortalité
néonatale et le
faible poids à la
naissance (FPN) pour
les naissances
hors-hôpital au
Kentucky de 1981 à
1983. La référence
était les taux sur
tous l'état du
Kentucky pour la
période comprise
entre 1979 et 1982.
Les bébés morts-nés
n'ont pas été
considérés parce que
les fausses-couches
hors-hôpital sont
probablement
sous-évaluées.
Il y a eu 809
naissances
classifiables par
catégorie de lieu de
planification.
Comparativement aux
AAD planifiés, les
AAD qui ne le sont
pas présentent une
plus grande
incidence de faible
poids à la naissance
(FPN) (OR 6.6, CL
3.9-11.2). Après un
ajustement de l'âge
maternel et de la
parité [NDT: la
parité est le nombre
de grossesses pour
une même femme, ex.
nullipare,
multipare], les FPN
ont été de moitié
plus fréquents que
prévu pour les AAD
planifiés (OR 0.48,
CL 0.29-0.73) et les
FPN plus fréquents
que prévus pour les
AAD non-planifiés
(OR 2.9, CL
2.2-3.8). La
mortalité néonatale
a été plus grande
parmi les AAD
non-planifiés
comparativement aux
AAD planifiés (72.7
pour 1000 versus 3.5
pour 1000, p = 4.4 x
10-8) mais les
nombres ne sont pas
suffisamment élevés
pour donner une
degré de
significativité du
rapport de
probabilité des
décés observés
versus les décés
attendus. Cette
étude n'inclut pas
les décès qui
auraient pu survenir
après un transfert à
l'hôpital, mais en
s'appuyant sur les
données d'autres
études, ce nombre
serait probablement
trop faible pour
affecter les
résultats. Les
points fortement
similaires avec
l'étude de la
Caroline du Nord
(résumé 8) jouent en
faveur de la
validité des
données.
10. Schramm WF,
Barnes DE et
Bakewell JM. La
mortalité néonatale
pour les AAD au
Missouri
Am J Public
Health 1987;
77(8): 930-935 .
(Neonatal mortality
in Missouri
homebirths)
Le type de la
planification
concernant le lieu
de naissance a été
déterminé pour 3645
AAD entre 1978 et
1984. Le type de
planification et le
statut des personnes
accompagnant la
naissance ont été
établis pour 62
décès néonataux de
bébés nés à
domicile, et le
rapport entre les
attendus versus ceux
observés ont été
calculés après un
ajustement de la
race, de l'âge de la
mère et du poids du
bébé à la naissance.
Le standard de
référence était les
taux concernant les
accouchements en
centre hospitalier
assistés de médecins
résidents dans
l'état du Missouri.
Le taux de bébés de
petit poids pour les
AAD non-planifiés
(25.6%) a été près
de huit fois celui
des AAD planifiés
(3.4%), qui lui-même
était la moitié des
taux hospitaliers
(6.8%). Il y a eu 17
décès observés pour
les AAD planifiés
contre 8.59 attendus
pour un risque
relatif d'environ 2
pour 1, mais presque
tous ceux en excès
concernaient des AAD
planifiés avec des
personnes en
assistance qui
n'étaient pas
membres de
l'Association de
Sages-Femmes du
Misssouri (Missouri
Midwives
Association, MMA) ou
qui étaient
catégorisées comme
"autres" (la famille
ou les amis). Parmi
les médecins, les
infirmières
sages-femmes
acréditées [nurse-midwives]
et les sages-femmes
accréditées par
l'Association, il y
a eu cinq décès
néonataux
comparativement à un
nombre attendu de
3.92 (RR 1.28, CI
0.53-3.08 (NS)). Les
enfants mort-nés
n'ont pas été inclus
parce qu'ils sont
probablement moins
souvent signalées
lors des AAD.
Etudes sur
l'accouchement à
domicile
Pays-Bas
11. Damstra-Wijmenga
SM. Les couches à
domicile: les
résultats positifs
en Hollande.
JR Coll Gen Pract
1984; 34(265):
425-430.
(Home
confinement: the
positive results in
Holland)
Presque toutes les
femmes (99.3%) parmi
les 1692 habitants
de Gröningen ayant
accouché en 1981 ont
été interrogées.
Tandis que le taux
national d'AAD est
de 34.7%, 23.4%
avaient choisi
l'AAD, et parmi
celles-ci, 78% (soit
18.4% de toute la
population) ont
effectivement
accouché à domicile.
Les femmes
choisissant
l'accouchement à
domicile sont moins
fréquemment référées
aux obstétriciens
durant la grossesse
(5.6% versus 11.7%)
et le travail (15.6%
versus 25.4%). Le
même pourcentage de
travail compliqué a
été mesuré parmi les
femmes référées aux
soins obstétricaux
pour des raisons
médicales (54%) que
parmi celles qui ont
reçu des soins
obstétricaux de leur
propre initiative,
bien qu'il s'agisse
seulement de 24
femmes. Des bébés
nés à la maison,
2.8% ont été envoyés
à une unité de soins
néonataux,
comparativement à
9.5% de ceux nés à
l'hôpital. Il n'y a
eu aucune mortalité
néonatale parmi les
bébés nés à
domicile. La seule
différence
significative [la
valeur de p
n'étant pas donnée]
parmi les
indications pour
transferts
obstétricaux durant
le travail ou le
postnatal précoce
était le "manque de
progression" [NDT:
dystocie]. Seulement
4.6% des femmes
accouchant à
domicile ont été
transférées versus
11.7% de celles qui
étaient déjà en
centre hospitalier.
[NDT: transfert =
transfert de soins
sage-femme à
obstétricien]
L'auteur suggère
que, soit les
sages-femmes jugent
que le travail
progresse
différemment à la
maison, ou bien les
femmes progressent
réellement mieux à
domicile. "Si ces
chiffres indiquent
que davantage de
complications
surviennent parmi
les femmes qui, de
leur plein gré,
choisissent de
donner naissance en
centre hospitalier,
que parmi celles qui
décident d
'accoucher à la
maison, on est en
droit de se demander
combien de ces
complications ont
été causées par le
soignant durant le
travail."
Grande-Bretagne
12. Wood LAC,
Rétrospective
obstétricale.
J R Coll Gen
Pract
1981;31:80-90.
(Obstetric
retrospect)
Cette étude présente
les résultats de 817
grossesses de plus
de 28 semaines sous
les soins d'un seul
médecin généraliste
britannique entre
1946 et 1970. Au fil
des ans, la
proportion d'AAD a
décliné de 59% à 43%
avec une moyenne
globale de 51%. De
manière similaire,
les accouchements
dans les unités de
maternité
indépendantes sont
passés de 35% à 19%,
avec une moyenne
globale de 29%. Au
total, 80% du groupe
a accouché
hors-hôpital,
incluant 68% des cas
dits à haut risque.
La plupart des
femmes ont eu un
travail normal
(86%). Le taux de
transfert anténatal
a augmenté de 3% à
12.4% au cours de la
dernière décennie.
Le taux de transfert
intrapartum a
augmenté pendant
chaque décennie,
avec un maximum de
5.0% durant la
dernière décennie.
Le taux global de
césariennes a été de
1.6% et celui de
l'utilisation de
forceps de 9.3%. Le
taux de
déclenchements a été
de 7.3%, celui
d'épisiotomies de
11.7%, avec 60.1% de
femmes ayant
accouché
vaginalement avec un
périnée intact. La
mortalité périnatale
a été stratifiée par
période de temps et
comparée avec les
chiffres du sondage
national sur les
naissances anglaises
pour la même
période. Les taux se
sont révélés
substantiellement
plus bas pour les
périodes 1946-1950
(26.7 pour 1000
contre 38 pour 1000)
et 1951-1960 (18.8
pour 1000 contre 33
pour 1000) et sont
devenus similaires
pendant la dernière
décennie (25.6 pour
1000 contre 23 pour
1000). "Je
n'affirmerais pas
que ces résultats
aient quoi que ce
soit d'exceptionnel;
des généralistes
travaillant dans des
conditions
similaires ont fait
mieux. Non que je
sous-estime
l'utilité des
nouvelles techniques
pour la petite
proportion de
grossesses et
accouchements
anormaux qui
surviennent
certainement, mais
je mets en cause les
affirmations
courantes sur la
supériorité de ces
méthodes dans tous
les cas."
13. Shearer JM.
Étude prospective de
cinq ans sur les
risques liés à la
planification d'un
accouchement à
domicile dans
l'Essex.
Br Med J
1985; 291(6507):
1478-1480.
(Five
year prospective
survey of risk of
booking for a home
birth in Essex)
Cette étude
prospective compare
202 femmes
multipares en bonne
santé entre 20 et 35
ans, qui choisissent
un AAD, avec 185
femmes similaires
qui choisissent un
accouchement en
centre hospitalier.
Les sujets ont été
choisis parmi la
clientèle de 26
généralistes entre
1978 et 1983. Les
femmes qui
accouchaient à
domicile ont été
assistées de
sages-femmes. [Cet
article ne spécifie
pas qui assistait
les accouchements à
l'hôpital,
probablement un
médecin.] Parmi les
femmes planifiant un
AAD, 8% ont été
transférées avant
l'accouchement
(anténatal), et 3%
intrapartum.
De manière
"significative", un
nombre moins grand
de femmes à la
maison ont été
déclenchées (8% vs
19% [pas de valeur
définie pour p]).
Les femmes ayant
accouché à domicile
ont eu moins
fréquemment à subir
des épisiotomies
(13% vs 28%, p
< 0.001) et ont eu
plus souvent des
périnées intacts
(44% vs 29%, p
< 0.01). L'Apgar à 5
minutes était
similaire. Les trois
cas de césarienne
(1%) sont survenus
parmi le groupe des
AAD -- une pour une
présentation de face
et deux pour des
hémorragies
antépartum. Il n'y a
eu aucune mortalité
périnatale. "Même si
les chiffres sont
trop faibles pour en
tirer de fermes
conclusions, les
résultats suggèrent
qu'il n'y a pas de
risque
significativement
augmenté pour les
mères et leurs bébés
dans le fait de
planifier un AAD.
Ils [NDT: les
chiffres] ne vont
certainement pas
dans le sens d'une
quelconque preuve de
« risque inhérent »
comme suggéré dans
les rapports
mentionnés
ci-dessus". [Si les
accouchements à
l'hôpital sont plus
fréquemment assistés
par des médecins,
ces différences
devraient refléter
les différences
entre la gestion
obstétricale du
travail et celle des
sages-femmes.]
14. Ford C, Illiffe
S et Franklin O.
Les résultats des
accouchements à
domicile planifiés
en pratique urbaine.
BMJ 1991;
303(6816):
1517-1519.
(Outcomes of planned
home births in a
inner city practice)
Dans cette clinique
médicale
londonienne, les
soins anténataux
pour les femmes
désirant un AAD ont
été partagés entre
sages-femmes et
médecins
généralistes. A
l'accouchement, le
médecin visitait la
femme en début de
travail puis
revenait pour la
deuxième étape.
Parmi les 277 femmes
planifiant des AAD
entre 1977 et 1989,
6 ont eu des
fausses-couches, 26
(9.4%) ont montré
des facteurs de
risque durant la
grossesse, 26 des
245 restantes
(10.6%) ont été
transférées durant
le travail, (22 pour
dystocie, 4 pour
détresse foetale) et
4 des 219 femmes
ayant accouché à
domicile (1.8%) ont
eu des transferts
post-partum (2 pour
hémorragie
post-partum, 1
rétention
placentaire, 1
suture pour trop
large déchirure).
Comparativement aux
multipares, les
nullipares ont été à
risque égal durant
la grossesse (9% vs
10%) mais plus
sujettes à devenir à
risque durant le
travail (30% vs 1%,
p = 0.00002).
Aucun résultat
néonatal adverse n'a
été attribué à
l'accouchement à
domicile. Les
nullipares
pourraient être
découragées
d'accoucher à
domicile à cause du
haut taux de
transfert
intrapartum.
"Cependant, une
femme nullipare a le
droit légal d'opter
pour l'AAD, ...
refuser de les
prendre en charge
équivaut simplement
à transférer le
problème aux
collègues ... les
obligeant, à cause
de leur contrat, à
visiter leurs
patientes en
situation
d'urgence". En cas
de risque
obstétrical, les
soins d'une personne
fiable et
enthousiaste
"semblent plus
appropriés que
l'arrivée tardive
d'un médecin
appréhensif et plein
de ressentiment,
appelé par des
sages-femmes mal
soutenues".
Australie
15. Howe KA. Les
accouchements à
domicile dans le
sud-ouest de
l'Australie.
Med J Aust
1988; 149(6):
296-302.
(Home
births in south-west
Australia)
Les résultats de 165
AAD entre 1983 et
1986 pour l'ensemble
des pratiques des 6
sages-femmes
localisées dans le
sud-ouest de