Les femmes qui ont eu leur premier enfant avant 25 ans ont un risque
plus faible de cancer du sein que celles qui l'ont eu plus tard.
Mais l'allaitement apparaît comme un élément protecteur,
particulièrement pour les grossesses tardives.
Nicolas Guggenbühl, Diététicien Nutritionniste
L'allaitement maternel est la référence incontestable et incontestée
pour répondre de manière optimale aux besoins nutritionnels du
nouveau-né. Mais son rôle semble aller bien au-delà d'une
satisfaction immédiate des exigences du bébé. Ainsi, le risque de
plusieurs pathologies survenant plus tard dans la vie, comme
l'hypertension artérielle ou l'obésité, semble être plus faible chez
les enfants ayant été allaités. Et les bénéfices santé se font
également ressentir chez la mère, comme en témoignent les nouvelles
données de l'étude CARE (Women's Contraceptive and Reproductive
Experiences Study).
Famille nombreuse
L'étude CARE avait déjà permis de montrer que le fait d'avoir sa
première grossesse avant l'âge de 25 ans, ainsi que le fait d'avoir
beaucoup d'enfants (au moins 4) exerçait un effet protecteur
vis-à-vis de certaines formes de cancer du sein (celles qui
expriment les récepteurs aux estrogènes et à la progestérone). Les
formes plus rares, qui ne sont pas associées à ces récepteurs, ne
sont pas influencées. Le fait d'avoir 4 enfants ou plus n'a
cependant plus aucun effet protecteur lorsque le premier
accouchement est survenu à 25 ans ou plus.
Toutes les formes
De nouvelles données, présentées récemment par Giske Ursin (Keck
School of Medicine de la University of Southern California),
montrent que l'allaitement peut, lui aussi, influencer dans le bon
sens le risque de cancer mammaire. Les auteurs ont analysé les
données de femmes âgées de 55 ans et plus issues de l'étude CARE,
parmi lesquelles 995 cas de cancer invasif du sein. Les résultats
indiquent que chez les femmes qui ont eu leur premier enfant après
25 ans, le risque de développer un cancer du sein est plus faible
chez celles qui ont allaité leur petit. Ils précisent même que cet
effet protecteur apparaît pour les diverses formes de cancer du
sein, qu'elles soient liées ou non aux récepteurs aux estrogènes ou
à la progestérone. Cette découverte est d'autant plus importante que
dans nos pays, les femmes ont tendance à avoir leur premier enfant
de plus en plus tard.
Nicolas Guggenbühl
Diététicien Nutritionniste.
Références:
Résultats présentés à la réunion annuelle de l'American Association
for Cancer Research à Los Angeles, le 16 avril 2007.
Source: www.healthandfood.be