|
|
 |
 |
Elles l'ont dans la peau
Le WWF a testé la
présence de produits
toxiques chez trois
générations de
femmes. Le but:
peser sur " Reach ",
un énorme projet de
réforme lié aux
produits chimiques
dans notre
environnement.
Le 11 octobre
prochain, une
rencontre insolite
se déroulera au
Parlement européen,
à Bruxelles. Treize
familles venues de
toute l'Europe -
uniquement des
femmes et leurs
filles - y
rencontreront les
élus pour les
sensibiliser à la
pollution chimique
qui, depuis au moins
deux générations,
s'est glissée dans
leur sang. Après
avoir démontré
l'ampleur de cette
contamination chez
des scientifiques et
des personnalités
politiques, le World
Wide Fund for Nature
(WWF) s'est, cette
fois, penché sur la
présence d'une
multitude de
produits toxiques
chez l'homme de la
rue. Ou plutôt chez
la femme, histoire
de bien taper sur le
clou: dès la
grossesse, les mères
intoxiquent leurs
enfants via le
cordon ombilical.
Le but ultime de
l'association au
panda est
d'infléchir le cours
de "Reach": un
surnom donné à un
énorme travail d'évaIuation
des risques pour la
santé et
l'environnement de
30000 produits
chimiques en
circulation. Ceux-ci
existent partout
(meubles, tapis,
vêtements,
détergents, parfums,
emballages, etc.).
Or, pour la plupart
d'entre eux, on ne
dispose que de très
peu de données
(éco)toxicologiques.
Qu'ont-elles dans
leur sang, ces
grands-mères, ces
mères et leurs
(petites) filles ?
" Une série de
produits qui n' ont
jamais été conçus
pour se retrouver
dans le corps",
répond Nicolas van
Larebeke, conseiller
scientifique du WWF.
Passons sur la
présence de dioxines
ou de produits
désormais interdits
chez nous, comme les
PCB ou le pesticide
DDT. Le WWF en a
retrouvé chez tous
les sujets, mais un
peu moins chez les
fillettes. Bonne
nouvelle? Peut-être,
mais ces poisons
continuent à être
ingérés via les
produits cultivés
ailleurs. De plus,
des produits
d'apparition plus
récente ont été plus
souvent détectés, et
à des taux plus
élevés, dans le sang
des jeunes
générations que chez
les aînés: des
retardateurs de
flammes au brome,
des produits
perfluorés
(antitaches) et des
muscs synthétiques (
parfums, etc.) "Chez
les fœtus et les
jeunes enfants,
c'est le moment de
l'exposition qui
compte, plus que la
durée." Depuis
octobre 2003, des
ONG comme Greenpeace
et le WWF bataillent
ferme pour
réglementer la
présence de tels
produits sur le
marché et pour leur
trouver des
substituts moins
dangereux, comme le
souhaite d'ailleurs
la Commission
européenne,
initiatrice de la
réforme. Au
printemps dernier,
une étude du bureau
KPMG a nettement
réduit la portée des
appréhensions de
l'industrie chimique
qui, pour contester
la réforme,
brandissait le
spectre de coûts
faramineux et de
délocalisations
massives. Cet
automne sera
décisif. Puissamment
représentée à la
Commission, la
chimie réclame
diverses formes
d'assouplissement
lors de la phase
d'enregistrement des
produits. Il est
question, notamment,
de supprimer des
tests pour les yeux
et la peau, jugés
superflus ou trop
chers pour les PME.
De même, la
commercialisation de
produits dangereux
serait tolérée si
leurs risques sont
correctement "
maîtrisés ", selon
un des 1500 (!)
amendements en
négociation.
Auteur: Philippe
Lamotte
Source : Le Vif
L'Express du 7
au 13 octobre 2005
contact:
contact@mamansmusulmanes.com
Copyright © 2006 [Mamans Musulmanes]. Tous droits réservés.
|
 |
 |
|