Introduction
- Définition de la
fausse-couche
- Causes et
symptômes
- Regard de l’islam
par rapport à la
fausse couche
- Le mérite des
parents
- Le sort du fœtus
- Faut-il donner un
nom au fœtus mort
prématurément ?
- Faut-il enterrer
le fœtus et
effectuer la prière
mortuaire ?
Introduction:
Allah envoie l’ange
pour insuffler l’âme
dans l’embryon
conformément à ce
qui a été rapporté
d’après Abd Allah
ibn Massoud : « le
Messager d’Allah
(bénédiction et
salut soient sur
lui) le très
véridique nous a
raconté que l’un de
vous est constitué
dans l’utérus de sa
mère pendant 40
jours. Et puis, il
se transforme en
caillot de sang
pendant le même laps
de temps. Et puis il
devient un foetus
pendant le même laps
de temps. Et puis on
envoie l’ange pour
lui insuffler une
âme et l’on donne à
l’ange l’ordre
d’écrire quatre mots
concernant sa
subsistance, le
terme de sa vie, son
oeuvre et son sort :
sera-t-il heureux ou
malheureux.
(Rapporté par
Mouslim, 4781)
Chaque femme est
heureuse de se
savoir enceinte et
de porter en elle un
être qui sera issu
de sa propre chair.
Mais lorsque la
grossesse n’arrive
pas à son terme,
lorsque qu’elle
s’interrompt
brutalement et que
le fœtus décède, une
immense tristesse et
parfois de la
culpabilité
envahissent la mère.
Nous allons essayer
de comprendre ce
qu’est la fausse
couche et le regard
de l’islam par
rapport à ce triste
évènement.
- Définition :
On parle de
fausse-couche ou
d’avortement
spontané quand la
grossesse
s’interrompt avant
que le fœtus soit
viable, c’est-à-dire
avant la vingtième
semaine qui suit la
conception. Quand
l’avortement est
spontané, il s’agit
d’une fausse couche.
Après la vingtième
semaine, on parle de
mort in utero.
Environ 10 % à 20 %
des grossesses
confirmées se
terminent en fausses
couches. Trois-
quart de ces
avortements
surviennent lors du
premier trimestre,
le plus souvent
entre 9 et 11
semaines
d’aménorrhée mais
elles peuvent aussi
avoir lieu au cours
des deuxième et
troisième
trimestres. Toutes
les femmes peuvent
faire une fausse
couche, mais
certaines conditions
font qu’une femme
est plus à risque.
- Causes et
symptômes de la
fausse-couche :
Dans la plupart des
cas, il n’y a pas de
cause précise qui
puisse justifier la
fausse couche. Une
fausse couche est
généralement causée
par un problème de
développement du
fœtus, d’une
malformation
utérine, d’un
problème d’hormones,
d’une infection, ou
d’un diabète mal
équilibré de la
mère. Dans 60% des
cas, cela est dû à
une malformation
fœtale liée le plus
souvent à une
anomalie
chromosomique. Les
symptômes de la
fausse-couche se
caractérisent par
des pertes de
couleur brune ou
rouge vif,
accompagnée ou non
de crampes. Les
saignements vaginaux
sont en général un
des premiers
symptômes, mais ils
ne se produisent que
chez environ 20 %
des femmes
enceintes, et chez
moins de la moitié
des femmes qui font
vraiment une fausse
couche. La fausse
couche est
inévitable dès lors
que l’embryon a
cessé de vivre, mais
elle ne se fait pas
de suite. Elle se
traduit alors par
des douleurs dans le
bas du dos, ou des
crampes dans le
ventre, ou une
douleur continue ou
qui cesse et
reprend. Lorsque la
fausse-couche se
produit,
apparaissent des
pertes ressemblant à
des caillots
accompagnées de
tissus ou débris
membranaires issus
de l’embryon et du
placenta.
- Regard de
l’islam par rapport
à la fausse couche :
Il est normal de se
sentir triste et
bouleversé après
l’interruption
brutale d’une
grossesse désirée.
Le fait de perdre
son enfant constitue
une grande épreuve
pour les parents.
Allah a dit : "
Est-ce que les gens
pensent qu’on les
laissera dire :
‹Nous croyons !›
sans les éprouver ?
" (Sourate
Al-Ankabut,
L’araignée, 29,
verset 2)
Selon Abou Hourayra
(qu’Allah soit
satisfait de lui),
le Messager de Dieu
(bénédiction et
salut soient sur
lui) a dit : « Le
croyant et la
croyante ne cessent
d’être éprouvés dans
leur corps, leurs
enfants et leurs
biens jusqu’à ce
qu’ils rencontrent
Dieu le Très-Haut
sans avoir à
répondre d’aucun
péché. » (Rapporté
par Tirmidhi)
Ousama Ibn Zeyd
(qu’Allah soit
satisfait de lui) a
dit : « L’une des
filles du Prophète
(bénédiction et
salut soient sur
lui) lui envoya
quelqu’un pour
l’inviter à venir
chez elle et pour
lui apprendre que
l’un de ses fils
était mourant. Il
dit à l’envoyé : «
Retourne auprès
d’elle et informe-la
que Dieu exalté n’a
pris que ce qui Lui
appartenait et ce
qu’il a donné Lui
revient. Tout auprès
de Lui est lié à un
terme déjà nommé.
Ordonne-lui donc de
patienter dans
l’espoir de la
récompense de Dieu.
»
- Le mérite des
parents :
Les hadiths suivants
narrent la
récompense attribuée
aux parents qui
auront été endurant
lors de cette
épreuve : Anas
(qu’Allah soit
satisfait de lui)
rapporte : « Le
Messager de Dieu
(bénédiction et
salut soient sur
lui) a dit : «
Chaque fois qu’un
Musulman perd trois
enfants mineurs,
Dieu l’introduit
automatiquement au
Paradis à cause de
la miséricorde qu’il
a eue pour eux. »
(Hadith unanimement
reconnu)
Abou Sa’id Al
Khoudri (qu’Allah
soit satisfait de
lui) rapporte : «
Une femme vint dire
au Messager de Dieu
(bénédiction et
salut soient sur
lui) : « O Messager
de Dieu ! Les hommes
se sont réservés à
eux seuls tes
Hadiths. Laisse donc
pour nous l’une de
tes journées pour
nous enseigner de ce
que Dieu t’a appris.
» Il lui dit : «
Réunissez-vous tel
jour. » Elles se
réunirent donc et le
Prophète vint à
elles et leur
enseigna de ce que
Dieu lui avait
appris. Puis il leur
dit : « Chacune
d’entre vous qui
sera précédée dans
l’autre monde par
trois de ses enfants
trouvera en eux un
écran contre le Feu.
» L’une d’elles lui
demanda : « Et si ce
ne sont que deux ? »
Il dit : « Même
s’ils ne sont que
deux. » (rapporté
par Mouslim)
Mouslim a rapporté
qu’Abou Hassan a dit
: "Je dis à Abou
Horeira (qu’Allah
soit satisfait de
lui) de nous
raconter un hadith
qui dissipe la
tristesse due à la
perte de nos morts.
Il me répondit : «
Sûrement, les petits
enfants parmi les
morts sont des
urodèles du Paradis.
Chacun d’eux recevra
son père (ou suivant
une variante son
père et sa mère), le
tiendra par sa
tunique (ou par la
main) et ne le
quittera pas avant
qu’il ne le fasse
entrer au Paradis. »
Ali (qu’Allah soit
satisfait de lui)
rapporte que le
Prophète Mohammed
(bénédiction et
salut soient sur
lui) a dit en ce
sens que (le Jour du
Jugement Dernier),
le fœtus qui n’était
pas encore
complètement formé
argumentera avec
Allah en faveur de
ses parents
lorsqu’ils seront
conduits en Enfer.
On dira alors à ce
fœtus (n’étant pas
arrivé à terme et
n’ayant donc pas
connu un
développement
complet) de conduire
ses parents au
paradis, ce qu’il
fera en les tirant
par (le cordon
ombilical attaché à)
son nombril.
(rapporté par Ibn
Madjah)
- Le sort du
fœtus mort
prématurément :
Les savants sont
tous unanimes sur le
fait de dire que les
enfants de musulmans
décédés iront au
Paradis. L’imam
Ahmad ( puisse Allah
lui accorder Sa
miséricorde) a dit :
« Qui doute que les
enfants des
musulmans seront au
Paradis ? » Il dit
aussi : « Pas de
divergence les
concernant. »
Al-imam al-Nawawi
dit : « Les savants
reconnus des
musulmans sont
d’avis que les
enfants des
musulmans morts
prématurément iront
au paradis car ils
n’ont pas atteint
l’âge de
responsabilité. »
Al-Qurtoubi dit : «
L’avis selon lequel
ils iront au Paradis
est celui de la
majorité (.....)
certains savants
nient même
l’existence d’une
divergence de vues à
ce propos. »
Selon Abou Mousa
(qu’Allah soit
satisfait de lui),
le Messager de Dieu
(pbsl) a dit : «
Quand l’esclave de
Dieu perd l’un de
ses enfants, Dieu
dit à Ses Anges : «
Avez-vous retiré
l’âme du fils
d’untel ? » Ils
disent : « Oui. » Il
dit : « Vous avez
donc cueilli le
fruit de son cœur ?
» Ils disent : «
Oui. » Il leur
demande : « Qu’a dit
alors Mon esclave ?
» Ils dirent : « II
T’a loué et dit : «
Nous appartenons à
Dieu et c’est à Lui
que nous devons
retourner. » Dieu le
Très-Haut dit : «
Construisez donc
pour Mon esclave une
maison au Paradis et
appelez-la : La
maison de la
louange. » (Rapporté
par Tirmidhi)
Les Imam Ahmad, Ibn
Hibban et Hakim
rapporte que Abou
Houreira a dit : Le
Prophète
(bénédiction et
salut soient sur
lui) a dit : « Les
enfants des
musulmans seront au
Paradis sous la
charge de Ibrahim et
de Sarah. »
Dans une autre
version : « Les
enfants des croyants
seront au Paradis
sous la charge
d’Ibrahim et de
Sarah jusqu’à ce
qu’ils les remettent
à leurs parents le
Jour dernier. »
- Faut-il donner
un nom au fœtus mort
prématurément ? :
Les savants
recommandent de
donner un nom au
foetus perdu suite à
une fausse couche,
car l’enfant sera
appelé le Jour de la
Résurrection par ce
nom.
Si le sexe de
l’enfant n’a pas été
déterminé, il faudra
lui donner un nom
qui convienne aussi
bien à une fille
qu’à un garçon
(comme Talhah, Rajaa,
Hind, Tarafah,
Hunayda, Khârija,’Umayra,
Zur’a....)
- Faut-il faire
la prière mortuaire
sur le fœtus et
l’enterrer ? :
A la suite d’une
fausse couche, à
partir du moment où
un embryon ou un
fœtus est sorti du
corps de la femme,
il doit
systématiquement
être enterré, et ce,
même si cela se
passe au début de la
grossesse. Il est en
effet indiqué dans
l’ouvrage "’Iânatout
Tâlibine", qui
traite de la
jurisprudence
suivant l’école
châféite, que le "Moudhghah"
et le "’Alaqah" (ces
termes, évoqués dans
le Qour’aane,
désignent deux
étapes différentes
du début de la
formation
embryonnaire)
doivent être
enterrés. (Réf :
2ème Djouz / Page
123)
Selon l’imam Ahmad
(qu’Allah lui fasse
miséricorde) si le
fœtus a atteint le
terme des quatre
mois, alors il devra
être lavé et la
prière mortuaire
devra être
effectuée. C’est
aussi l’avis de
Sa’id ibn
al-Musayyib, Ibn
Sirin et Ishaaq.
En ce qui concerne
le cas d’un foetus
de moins de quatre
mois de gestation,
il ne devra pas être
lavé et la prière
funéraire ne sera
pas nécessaire, mais
il devra être
enveloppé dans un
linceul et être
enterré. Cela
s’explique par le
fait que l’âme n’a
pas encore été
insufflée (dans un
certain nombre de
Hadiths authentiques
où sont détaillés
les différentes
étapes du
développement
embryonnaire, le
Prophète Mohammed (pbsl)
affirme que l’âme
est insufflée dans
le fœtus au terme du
quatrième mois de
grossesse) ; ainsi,
il ne convient pas
d’effectuer la
prière funéraire sur
un foetus de moins
de 120 jours car,
sans âme, il est
considéré comme le
sang ou quelque
chose d’inanimé.
Allah est Le plus
savant.
Auteur: Yamina H.
Article écrit avec
l’appui du livre : «
Riyad as-Salihin (Le
jardin des vertueux)
» et du site
www.islam-qa.com