Attitudes and
practices ob
breastfeeding
mothers regarding
fasting in Ramadan.
IO Ertem, G Kaynak,
C Kaynak, B Ulokol,
SB Gulnar.
Child Care Health
and Dev 2001 ; 27(6)
: 545-54.
traduction : La
Leche League France
La religion islamique préconise le jeûne entre le lever et le coucher du soleil
pendant la période du Ramadan. Les personnes malades, celles qui voyagent, les
femmes enceintes, allaitantes ou ayant leurs règles, les personnes dénutries .
sont dispensées ce jeûne ; elles pourront jeûner à un autre moment lorsque les
conditions seront différentes, ou accomplir une ouvre charitable si cela leur
est impossible. Cette flexibilité des textes religieux peut ou non être prise en
compte en fonction de la façon dont la religion est perçue, et certaines
personnes pourront décider de jeûner même si cela met leur santé ou leur vie en
danger. S'il existe des données sur l'impact du jeûne sur la santé des personnes
malades, ou sur l'enfant, il n'en existe guère sur son impact chez la mère
allaitante. Le but de cette étude sectionnelle croisée était d'en savoir
davantage sur le sujet.
Elle a été effectuée pendant les 10 derniers jours du Ramadan en 1999 et en
2000. 164 mères allaitant un enfant âgé de moins de 12 mois ont été enrôlés à
partir de consultations pédiatriques d'Ankara où elles venaient pour une visite
de routine. 55% avaient plus de 25 ans, 64% avaient un niveau d'éducation au
moins secondaire, 53% étaient primipares, 70% vivaient au sein d'une famille
nucléaire, 79% des enfants avaient moins de 6 mois, et 70% n'étaient plus
exclusivement allaités. 52% de ces mères respectaient le jeûne du ramadan.
Parmi les 129 mères dont l'enfant était âgé de moins de 6 mois, 22% ont constaté
une baisse de leur sécrétion lactée, et 23% ont rapporté une augmentation de la
quantité des autres aliments consommés par leur enfant. Après analyse par
régression logistique multiple, les facteurs associés à la pratique du jeûne
étaient la conviction qu'une mère allaitante doit aussi jeûner (RR = 6,24), que
le jeûne n'a aucun impact sur la sécrétion lactée (RR = 6,24), le fait que
l'enfant n'était plus exclusivement allaité (RR =2,82) et la multiparité (RR =
2,78).
Le jeûne est une pratique courante chez les mères allaitantes musulmanes, et
cela doit être pris en compte. Dans les populations de bon niveau
socio-économique, la baisse de la sécrétion lactée que le jeûne pourra induire
n'aura pas de conséquences trop importante sur la santé infantile. Mais dans les
populations économiquement défavorisées, une baisse de la lactation pourra
favoriser la malnutrition infantile. Par ailleurs, le jeûne modifie les rythmes
circadiens (augmentation du sommeil diurne, perte de concentration, augmentation
de l'irritabilité et du risque d'accidents).L'impact du jeûne sur les
interactions entre la mère et son enfant seraient intéressant à étudier. La
religion islamique permet aux femmes enceintes et allaitantes de ne pas jeûner.
Cette souplesse des textes religieux doit être rappelée ; l'enseignement de
l'Islam devrait être fait de façon à combattre l'impact éventuellement négatif
du jeûne chez les bébés et les jeunes enfants.
Peut être reproduit, imprimé ou diffusé à condition de mentionner la provenance
de cet article.
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Règles du jeûne
spécifiques aux femmes
Shaikh Salih Al-Fawzan
Le jeûne du mois de Ramadan est une obligation sur chaque musulman homme et
femme et c'est un des piliers et des grandes bases de l'islam. Allah dit :
" Ô les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l’a prescrit à ceux
d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété, " [sourate Al-Baqara : 183]
Le mot "kutiba" (prescrit) signifie ici "furida" rendu obligatoire. Ainsi, quand
la jeune fille atteint l'âge dans lequel elle sera tenue responsable de ses
actes, et qu’un des signes de puberté devient apparent chez elle, parmi lesquels
est la menstruation, alors l'obligation de jeûner commence pour elle. Elle
pourrait commencer à avoir ses règles dès l’âge de neuf ans. Cependant, quelques
jeunes filles ne sont pas conscientes que l'on exige qu'elles commencent à
jeûner à ce point, donc elle ne jeûne pas, pensant qu'elle est trop jeune, ses
parents ne lui ordonnent pas non plus de jeûner. C'est une grande négligence,
car un des piliers de l’islam est abandonné. Si cela arrive à une femme, elle
est obligée de compenser les jours de jeûne qu’elle a abandonné depuis le moment
où elle a commencé à avoir ses règles, même si une longue période de temps est
passé depuis ce temps-là, car cela reste dans ses obligations.
Qui est obligé de jeûner Ramadan ?
Quand le mois de Ramadan vient, chaque musulman homme et femme qui a atteint
l'âge de puberté, est en bonne santé et est résidant (c'est-à-dire ne voyageant
pas) est obligé de jeûner. Et quiconque est malade ou voyage pendant le mois,
peut rompre le jeûne et rattraper le nombre de jours manqués plus tard. Allah
dit :
" Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque
est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours "
[sourate Al-Baqara : 185]
de même, quiconque voit arriver Ramadan et est très vieux et incapable de jeûner
ou est atteint d’une maladie chronique incurable- homme ou femme - peut rompre
le jeûne et nourrir, en compensation, un indigent de la moitié d'un sa' (quatre
poignées) de nourriture des gens du pays pour chaque jour manqué. Allah dit :
" Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il
y a une compensation : nourrir un pauvre " [sourate Al-Baqara : 184]
Ibn 'Abbas (radiallahu ‘anhu) a dit : " Ce verset est pour le vieil homme pour
qui on espère plus la guérison. " [Sahih Al-Bukhari] Et la personne malade dont
on espère plus la guérison tombe sous la règle de la vieille personne. Et il ne
doit pas rattraper les jours manqués à cause de son incapacité à jeûner.
La femme a certaines excuses qui lui permettent de rompre le jeûne de Ramadan, à
condition qu'elle rattrape les jours de jeûne manqués en raison de ces excuses.
Ces excuses sont :
1. Les menstrues et le saignement post-natal: On interdit à la femme de jeûner
alors qu'elle est dans ces deux états. Et elle est obligée à rattraper plus tard
les jours de jeûne manqués. Ceci est basé sur ce qui est rapporté dans les deux
Sahih d’après 'Aisha (radiallahu ‘anha) qui a dit : " On nous a ordonné de
rattraper les jours (manqués) de jeûne mais on ne nous a pas ordonné de
rattraper les prières (manquées). " Elle a donné cette réponse quand une femme
lui a demandé : " Pourquoi une femme ayant ses règles doit-elle rattraper les
jours manqués de jeûne et pas les prières (manquées) ? " Donc elle (radiallahu
‘anha) a clarifié que ce sont des questions qui dépendent de la révélation, qui
doivent suivre les textes rapportés.
Quant à la sagesse derrière cela, alors Shaikhul-Islam Ibn Taimiya a dit dans
Majmu'-ul-Fatawa (15/251) : " Le sang qui sort de la femme à cause des menstrues
contient une décharge de sang. Une femme ayant ses règles peut jeûner en des
temps autres que quand le sang sort d'elle en raison des menstrues qui
contiennent son sang. Donc son jeûne dans cette situation est un jeûne modéré et
équilibré - aucun sang, qui renforce le corps et qui est sa substance principale
– ne sort d'elle pendant cette période. Mais son jeûne quand elle a ses règles
nécessite que son sang sorte - le sang, qui est le composant principal de son
corps et qui mènera à une faiblesse et à un manque dans son corps. Et cela
entraînera que son jeûne ne soit pas d'une nature modérée et équilibrée. C’est
pourquoi elle doit jeûner seulement quand elle n’est pas réglée. "
2. Grossesse et Allaitement : Si à cause du jeûne résulte un mal causé à la
femme ou au bébé ou aux deux, elle peut rompre le jeûne si elle est enceinte ou
allaite. Mais si le mal pour lequel elle rompt son jeûne s’applique seulement à
son bébé et pas elle, alors elle doit rattraper les jours de jeûne qu’elle a
manqué et nourrir un indigent chaque jour manqué. Et si le mal s'applique
seulement à elle, il lui est suffisant de rattraper les jours manqués. Ceci, car
la femme enceinte et la femme qui allaite tombent sous la généralité de la
Parole d'Allah :
" Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il
y a une compensation : nourrir un pauvre " [sourate Al-Baqara : 184]
Al-Hafidh Ibn Kathir (rahimahullaah) a dit dans son tafsir (1/379) : " Parmi
ceux qui tombent sous la signification de ce verset sont les femmes enceintes et
celles qui allaitent, si elles craignent pour elles ou pour leurs enfants. " Et
Shaikhul-Islam Ibn Taimiya a dit : " Si une femme enceinte craint pour son
fœtus, elle ne doit pas jeûner et rattraper au lieu de cela chaque jour de jeûne
manqué et nourrir un indigent avec de 2 kilogrammes de pain. " [Majmu'-ul-Fatawa
: 25/318]
Notes Importantes :
Istihada (Saignement Irrégulier) : Ceci est l’état dans lequel une femme observe
un saignement, qui n'est pas son sang des menstrues. Elle doit observer le jeûne
et il ne lui est pas permis de rompre le jeûne à cause de ce type de saignement.
En mentionnant la permission pour la femme réglée de rompre le jeûne,
Shaikhul-Islam Ibn Taimiya (rahimahullaah) a dit : " Contrairement à la femme en
état d'Istihada, car cet état comprend une période de temps qui n’est pas fixe
et il n'y a pas de période pendant laquelle on peut lui commander de commencer à
jeûner (de nouveau). Ainsi, à cause de cela, il n'est pas possible d'avertir
contre cela, de même que pour l’éjaculation inopinée, le saignement en raison
d'une blessure, la colère, Al-Ihtilam (quand le liquide sexuel sort des parties
privées sans relations ou ébats), comme toutes les autres choses qui n'ont pas
de temps fixé contre lesquels on pourrait être avertis. Ainsi ceci (Istihada)
n'est pas quelque chose qui annule le jeûne, comme le sang des menstrues. " [Majmu'-ul-Fatawa
: 25/251]
2. La femme ayant ses règles comme la femme enceinte et qui allaite, si elles
rompent leur jeûne pendant Ramadan, doivent rattraper les jours manqués de jeûne
entre le Ramadan dans lequel elles ont rompu leur jeûne et le prochain Ramadan.
Mais les rattraper tôt est meilleur. Et s’il reste seulement quelques jours
avant que le Ramadan suivant ne commence, elles sont obligées de rattraper les
jours de jeûne manqués (du Ramadan précédent) afin que le nouveau Ramadan
n’arrive pas alors qu’elles doivent toujours jeûner des jours du Ramadan
précédent. Mais si elles ne le font pas et que Ramadan arrive alors qu’elles
doivent toujours rattraper les jours de jeûne du Ramadan précédent et qu’elles
n'ont aucune excuse (valable) pour l’avoir retardé, elles sont obligées de
rattraper les jours manqués et de nourrir un indigent chaque jour. Mais si elles
ont une excuse valable, alors elles doivent seulement rattraper les jours de
jeûne manqués. De même pour ceux qui doivent rattraper les jours de jeûne
manqués en raison de la maladie ou du voyage. Leur règle est comme la règle pour
la femme qui a rompu le jeûne en raison des menstrues, avec les détails
précédemment mentionnés.
3. Il n'est pas permis à une femme d’observer un jeûne recommandé si son mari
est présent à moins qu'elle n'ait sa permission. Ceci est basé sur ce que
Al-Bukhari, Muslim et d'autres ont rapporté d'Abû Huraira (radiallahu ‘anhu) que
le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : " Il n'est pas permis à la
femme de jeûner alors que son mari est présent sans sa permission. " Dans
quelques narrations du hadith chez Ahmad et Abû Dawud, vient la formulation "
... sauf Ramadan. " Mais si le mari lui permet d'observer un jeûne recommandé ou
il n'est pas présent ou si elle n'a pas de mari, alors elle est encouragée à
observer ce jour de jeûne recommandé. Ceci particulièrement pendant les jours où
on recommande le jeûne comme les lundi et jeudi, trois jours chaque mois, six
jours de Shawal, le dixième jour de Dhul-Hijja, le jour de 'Arafat et le Jour de
'Ashura et le jour avant ou après. Cependant, elle ne doit pas observer un jeûne
recommandé alors qu'elle doit rattraper des jours du Ramadan (précédent), avant
qu'elle ne rattrape d'abord ces jours manqués et Allah est plus savant.
4. Si une femme ayant ses règles arrête de saigner pendant une journée de
Ramadan, elle doit commencer son jeûne pour le reste du jour, mais le rattraper
avec les jours qu'elle n'a pas jeûné à cause des menstrues. Son jeûne pour le
reste du jour où elle arrête de saigner est une obligation sur elle, quel que
soit le temps (c'est-à-dire Ramadan).
Son livre Tanbihat 'ala Ahkam takhtassu bil-Mu'minat (pg. 62-67)