Question:
Si le corps de la
femme subit pendant
la grossesse des
déformations telles
qu’elle a honte
d’apparaître aussi
déformée devant son
mari, lui est-il
permis de recourir à
une opération
chirurgicale ?
Réponse:
Louange à Allah
Chère sœur, votre
question tourne
autour du règlement
des opérations
esthétiques. Voici
un résumé
intéressant ce
sujet.
Les spécialistes de
la chirurgie
esthétique
définissent leur
action comme une
intervention
chirurgicale visant
à améliorer
l’apparence d’une
des parties
extérieures du
corps. Elle peut
s’avérer nécessaire
ou facultative.
L’opération
nécessaire ou jugée
comme telle est
celle devenue
indispensable pour
réparer un défaut
comme une infirmité
ou un excès ou une
lésion ou une
déformation. Une
telle opération n’en
est pas moins jugée
esthétique par
rapport à ses
résultats.
Les défauts sont de
deux sortes : des
défauts congénitaux
et des défauts
accidentels
provenant des
maladies qui
frappent l’homme.
Les premiers sont,
par exemple, comme
une lèvre inversée
ou fendue et
l’imbrication des
doigts etc. Les
seconds sont, par
exemple, comme les
séquelles de la
lèpre et les
affections
similaires, l’impact
des accidents et des
brûlures.
Point de doute que
ces défauts gênent
physiquement et
moralement. C’est
pourquoi il est
permis à ceux qui en
souffrent de les
éradiquer ou les
atténuer grâce au
recours à la
chirurgie. En fait,
ces défauts
impliquent un
préjudice matériel
et moral qui
justifie qu’on ait
un besoin pressant
de recourir à la
chirurgie. Le besoin
ici tient lieu de la
nécessité qui fait
autoriser ce qui est
en principe interdit
.Toute intervention
chirurgicale
inscrite dans le
cadre de la
chirurgie esthétique
et qui repose sur un
besoin justifié par
la présence d’un
préjudice à écarter
est autorisée et ne
peut pas être
considérée comme une
modification de la
création divine.
Pour mieux
distinguer entre ce
qui est permis et ce
qui ne l’est pas,
nous allons citer de
précieux propos de
l’imam an-Nawawi
dans le cadre de son
commentaire du
hadith : «Qu’Allah
maudisse la
tatoueuse et celle
qui sollicite ses
services; la
coiffeuse
spécialisée dans
l’enlèvement des
poils et celle qui
sollicite ses
services ; la
limeuse qui cherche
à améliorer la
dentition : elles
modifient la
création d’Allah »
(rapporté par
Mouslim, 3966).
An-Nawawi (Puisse
Allah lui accorder
Sa miséricorde) dit
: « Quant à la
tatoueuse, elle est
celle qui pratique
le tatouage.
Celui-ci consiste à
planter une
aiguille, ou
d’autres instruments
à l’extérieur de la
paume ou au poignet
ou à la lèvre ou à
d’autres parties du
corps de la femme de
sorte à faire couler
le sang puis à
bourrer la plaie
avec de la poudre de
kohol pour obtenir
une coloration
verdâtre... Cette
pratique est
interdite aussi bien
à l’auteur qu’à
l’objet consentant
« Quant à
l’enleveuse de
poils, elle est
celle qui extrait
les poils du visage.
Celle qui sollicite
ses services est sa
cliente qui lui
demande d’intervenir
à son profit. Cette
pratique est aussi
interdite sauf quand
une femme voit
pousser des poils
sur son menton ou
sous son nez. Dans
ce cas, il ne lui
est pas interdit de
les enlever.
« Quant à la
limeuse, elle est
celle qui lime les
dents pour créer de
petites brèches
entre les incisives.
Elle exerce cette
opération sur les
vieilles et les
vieillissantes pour
les rajeunir et
embellir leur
dentition. En effet,
ces jolies brèches
qui séparent les
dents se rencontrent
chez les toutes
jeunes filles. Quand
une femme d’un âge
avancé commence à
vieillir et éprouve
de la nostalgie,
elle se fait limer
les dents pour se
redonner du charme
et se fait prendre
pour jeune. Cette
pratique est
interdite aussi bien
à l’auteur qu’à
celle qui la subit
compte tenu des
hadith et parce
qu’elle constitue
une modification de
la création du Très
Haut, une
falsification et une
dissimulation.
Quant à l’expression
: « Celles qui se
font limer les dents
pour les embellir »
elle signifie :
celles mues par des
fins esthétiques.
C’est une allusion
au fait que ce qui
est interdit c’est
de subir l’opération
pour s’embellir.
Mais si l’opération
visait un but
curatif ou de
redressement, elle
ne représenterait
aucun inconvénient.
Allah le sait mieux
» (An-Nawawi,
commentaire sur le
Sahih de Mouslim,
13/107).
Il convient de
souligner que les
chirurgiens
esthétiques ne font
pas la différence
entre le besoin
pressant qui
représente un danger
à écarter et le
besoin moins
pressant. Leur seule
préoccupation réside
dans le gain
matériel et la
satisfaction du
client.
Les libertins, les
matérialistes et les
partisans de la
liberté s’imaginent
que l’homme est
libre de gérer son
corps comme il
l’entend. Ce qui
constitue une
aberration car le
corps appartient à
Allah et Il lui
applique le jugement
qu’Il veut. Allah le
Puissant, le
Majestueux nous a
informés des voies
qu’Iblis s’est
engagé àutiliser
pour égarer
l’humanité. A ce
propos, il dit : «
... et je leur
donnerai des ordres
et ils s’évertueront
certes à modifier la
création d’Allah ».
Il existe des
opérations
esthétiques
interdites pour
insuffisance de
considérations
religieusement
reconnues comme
devant justifier
leur autorisation.
Dès lors, on les
considère comme une
manipulation
superflue du corps
ou une simple
recherche de la
beauté. On peut
citer sous ce
chapitre la
réduction ou
l’augmentation du
volume des seins,
l’enlèvement des
marques de
vieillesse telles
que les rides et
d’autres.
La Charia juge que
ces opérations ne
sont pas permises
car elles ne
reposent pas sur des
facteurs pouvant les
rendre nécessaires
ou opportunes. Leur
ultime aboutissement
est la modification
de la création
d’Allah et sa
manipulation en
fonction des
caprices humains et
des plaisirs
charnels. Ceci est
interdit et attire
la malédiction à son
auteur car la
pratique réunit les
deux choses
susmentionnées dans
le hadith : la
recherche de la
beauté et la
modification de la
création d’Allah. A
quoi s’ajoute le
fait que ces
opérations
impliquent plusieurs
aspects de
tricherie, de
dissimulation et
d’injection
d’ingrédients
extraits d’embryons
avortés suivant des
méthodes interdites
impliquant l’usage
d’astuce pour leur
obtention
frauduleuse ou par
l’achat..... Ce qui
représente un crime
abominable. En
outre, il résulte
parfois des
opérations
esthétiques des
douleurs
perpétuelles, des
préjudices et des
complications,
d’après les
spécialistes. (Voir
le livre intitulé
ahkam al-djiraha par
Dr Muhammad Muhammad
al-Moukhtar
ash-Shinqiti).
Sur la base de ce
qui précède, nous
vous disons, ô sœur
auteur de la
question, que si les
déformations dont
vous vous plaignez
sont accidentelles
et vous gênent
réellement et
provoquent la
répugnance chez
votre mari, et si
vous ne voulez pas
recourir à
l’opération pour des
fins purement
esthétiques mais
juste pour corriger
une malformation
accidentelle et pour
vous débarrasser de
la gêne et vous
soulager, alors il
n’y a aucun mal à le
faire, s’il plaît à
Allah. Allah le sait
mieux.
Islam Q&A
Sheikh Muhammed
Salih Al-Munajjid
(www.islam-qa.com)